Anne-Cécile Lacoste / Lost in the Pacific

Auteur de très bonnes performances depuis de nombreuses années maintenant et fer de lance du boogie français chez les femmes, on voulait depuis pas mal de temps chez SLAB, poser quelques questions à Anne-Cécile Lacoste !
Avec la sortie de son superbe podcast aux îles Cook, on a sauté le pas et Anne-C a répondu à nos questions, un sourire scotché aux lèvres !

Salut Anne-C !
Peux-tu nous détailler ton trip et nous en dire un peu plus sur cette petite virée dans le Pacifique ?
Avais-tu prévu ce trip depuis longtemps ?

Je suis partie début janvier pour les Îles Cook, sur-motivée ! Cela faisait deux mois que je m’entraînais. Entre surf dans l’eau froide, pluie, tempête et salle de sport, je voulais arriver là-bas en pleine forme et être d’appoint dès le premier jour.

Ça faisait longtemps que je voulais aller là-bas mais comme le billet était assez cher, je souhaitais avoir assez de temps pour enchaîner avec l’Australie. Deux amis étaient motivés et libres aux mêmes dates, et en plus avaient des connexions avec deux photographes portugais prévoyant d’aller là-bas également. L’opportunité était parfaite alors on a tout booké très vite.

Le trip a été fabuleux : on logeait tous ensemble chez Éric Gamez à la Boog’ House, qui nous a drivé sur les spots et m’a presque convaincu de prendre la licence dans son nouveau club de badminton… L’ambiance était trop génial, des rires du matin au soir entre les portugais, les australos et les français. On faisait une sacrée équipe. L’île est très petite et la vie y est tranquille et calme. On se laisse vivre entre surf, bons repas, siestes, tournois de ping-pong et bières au sunset ; la simplicité même ! Cette île est magnifique, un vrai petit paradis. Et niveau houle, on a eu de la chance car sur 3 semaines les conditions ont été plus que consistantes : on a pu surfer tous les jours des vagues de qualités sur pleins de spots différents.
Mais je ne m’étendrais pas trop sur tout ça… j’en ai déjà trop dit et montré ! À chacun d’aller y jeter un œil ! Si vous avez cette chance, vous ne serez pas déçus.

Tu as changé assez radicalement de sponsors ces derniers temps, peux-tu nous en dire plus ?
J’ai eu une très belle expérience avec Milk BodyBoard, Sen no Sen BodyBoard Shop et Mathieu Desaphie. Je le remercie encore pour tout ce qu’il m’a permis de réaliser dans ma vie mais nous n’étions plus sur les mêmes attentes. Du coup, c’était mieux pour nous deux d’arrêter là et de continuer chacun vers nos projets respectifs.

La fin de Kanabeach a été une très triste nouvelle aussi, la fin d’une très belle marque et d’un esprit… C’est vraiment dommage.
De plus, j’ai également fait le choix de déménager sur Capbreton pour des raisons professionnelles et afin de changer d’air.
J’ai eu la chance que Gontrand Marchal avec OGM BodyBoard Shop me propose de rentrer dans le team et ainsi m’aider à vivre ma passion. J’aime beaucoup l’ambiance qu’il y a au sein de ce groupe et je m’y sens vraiment bien. Gontrand a réussi à m’avoir un deal avec Found Bodyboard, planches que j’adore. Les frères Mares avec leur marque Culture Sud me soutiennent pour ce qui est habillement et accessoires. J’ai également l’aide de Moana Opticiens au niveau des lunettes, bref on s’occupe bien de moi !

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Justement quelles sont tes ambitions pour cette année 2014 ? Free surf ? Compét’ ?
Le tour professionnel de bodyboard restera une expérience inoubliable dans ma vie . Un rêve et je suis conciente de la chance que j’ai eu de pouvoir faire ça une fois dans ma vie. Maintenant je ne peux continuer car je n’ai aucun soutien financier pour y participer et la conjoncture est assez critique cette année pour le tour. Je réalise aussi que si tout le monde arrête parce que le tour est en train de mourir et que c’est la crise, ça devient un cercle vicieux et ça ne fera malheureusement pas avancer les choses. J’aimerais aussi me battre pour cela… Mais je n’en ai pas les moyens financiers. Partir 3 mois en trip m’est revenu moins cher que si j’avais passé 2 semaines à Hawaii avec tous les frais d’inscriptions (que tu ne te rembourses même pas si tu gagnes la compét’…). Bref, c’est triste ce qui se passe pour notre sport… J’espère que ça va s arranger.

Du coup pour moi cela restera free surf et je participerai aux compét’ qu’il y a en France et celles en équipe de France. Toutefois, je reste dans le même état d’esprit au niveau de mon surf en continuant à m’entraîner et toujours à vouloir progresser, arrêter la compétition n’empêche pas cela :).

On sent vraiment un renouveau dans le boogie féminin avec une grosse hausse de niveau ces dernières années ! On sent une vrai émulation au sein des filles. Tu peux nous en parler un peu ?
C’est clair que le niveau féminin est en grande progression avec des Isabela Sousa et Alexandra Rinder qui envoient des mouv’ à en faire pâlir plus d’un ! Le monde du bodyboard féminin est petit, on se connaît toutes. On est une famille, comme des sœurs et on se soutient les unes entre les autres. Nous sommes bien conscientes que notre sport est loin d’être reconnu à sa juste valeur, encore plus lorsque l’on fait des compétitions dans des vagues minuscules où notre surf ne peut en aucun cas intéresser le public ; alors il faut le prendre avec légèreté. C’est des moments de vie, des bons moments où l’on partage, on se pousse, on se soutient. Rien à voir avec un autre sport féminin de compétition. Il faut le prendre comme ça sinon on tournerai autour de la colère, la frustration et le dégoût. Je pense qu’on arrêterai même de faire du boogie !

Que penses-tu d’Alexandra Rinder justement ?
Alexandra Rinder est exceptionnelle. Elle a beaucoup de talent et c’est une très belle personne qui a l’étoffe d’une grande championne. Elle est généreuse, humble et respectueuse. Et elle surfe incroyablement bien. Elle grandit dans un environnement parfait pour sa future carrière avec une famille qui la soutient et l’aide .
Malgré son jeune âge, elle fait preuve de maturité et elle a la tête sur les épaules. Je pense juste qui lui manque quelqu’un qui la coache pour la recadrer et la fixer sur les choses essentielles de la compétition. Elle les apprendra seule avec le temps et l’expérience, mais si quelqu’un la prenait vraiment en main à 100% dès maintenant, comme a commencé Pierre-Louis Costes, cette jeune prodige sera championne du monde très vite et même plus d’une fois (un petit Botha version fille).

Quand rentres-tu en France ?
Et bien je suis sur le chemin du retour là ! Dans le train d’ailleurs, à répondre à l’interview. Ça fait trop bizarre.. et il fait un peu froid quand même ! Ahahha. Retour aux responsabilités de la vie quotidienne qu’on oublie en voyage, après 3 semaines aux îles Cook. J’ai fait également 2 mois en Australie, j’ai pas mal bougé entre NSW et Queensland, c’était parfait. J’ai eu des vagues de dingo de tous types des beach break et des reef ! Bref l’Australie est une valeur sûre aussi pour le surf.
Je suis encore un peu dans les nuages, mais c’est bien !
J’aime ma vie pour l’instant, j’arrive à trouver un bon équilibre pour tout apprécier. J’ai hâte de revoir la famille et les amis. Je reprends aussi le travail a l’Ucpa de Soustons cette année. Et j’avoue que je suis déjà en train de penser au prochain voyage… ahaha

Un grand merci à Slab Magazine pour cette interview et on se croisera peut-être dans les eaux de ce beautiful world !
Pura vida !

Merci ANNE C! Njoy life!

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